Journal d'un végétarien

18 janvier 2012

Cultiver le vivant

Pour les jaïns, tout ce qui est issu de la nature est vivant, et toute vie est sacrée. L'homme doit éviter de porter atteinte à la vie sous quelque forme qu'elle soit. Même si la survie de quelques espèces dépend de l'existence de certaines autres, nous ne devrions jamais considérer ce principe comme acquis. Les homme ne représentent qu'une des huit millions quatre cent mille espèces qui peuplent la Terre . Ils n'ont pas plus de droit que les autres. Tout être vivant, qu'il appartienne ou non à l'espèce humaine, a le droit de vivre, et ce droit est le même pour tous. Non seulement les hommes ne disposent d'aucun droit sur les autres formes de vies (rien ne les autorise à ôter, contrôler ou assujettir la vie d'autres espèces), mais ils doivent, plus que toute autre espèce, pratiquer la non-violence et se montrer d'une grande humilité face à l'extraordinaire mystère de la vie.

[…] L'amour n'est pas l'amour s'il n'inclut pas les animaux. Peut-on parler de compassion à propos de ceux qui vénèrent la vie humaine tout en demeurant indifférents au massacre des animaux ?

En distinguant le règne animal du règne humain, en plaçant les intérêts de l'espèce humaine avant ceux des animaux, les hommes favorisent l'émergence du régionalisme, du racisme, du nationalisme, de l'inégalité entre les classes et les castes, et bien sûr entre les espèces. Les motivations qui conduisent à l'exploitation des animaux peuvent aussi conduire à celle des hommes : certains d’entre nous peuvent être amenés à réduire des hommes en esclavage au nom de leur intérêt individuel ou même de l’intérêt national, exactement comme on le fait pour les animaux. Voilà pourquoi nous, adeptes et moines jaïns, incitons nos semblables à manifester une révérence inconditionnelle et sans équivoque envers toute les formes de vie.

 

Satish Kumar, Tu es donc je suis, pp. 84-87, 2010, Belfond

 

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12 janvier 2012

Qui sont les nouveaux végétariens ?

Les « nouveaux végétariens » sont des personnes qui choisissent de ne plus consommer de chair animale. Elles sont issues de milieux et cultures où la consommation carnée est la norme. Quelles sont leurs motivations et valeurs ? Qu’est-ce qui a déclenché chez elles l’évolution vers le végétarisme ? Comment leur choix affecte-t-il leur vie sociale ? Quelle perception ont respectivement les végétariens et non végétariens des difficultés ou inconvénients d’une alimentation non carnée ?
Cet article rend compte de travaux contemporains consacrés à ces questions et évoque le contexte dans lequel des sociologues ont été amenés à s’y intéresser.

Pour lire le texte de Frédéric Dupont et Estiva Reus se rendre sur le site des Cahiers antispécistes:

 

 

http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article416

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11 janvier 2012

Une autre existence : La condition animale

de Florence Burgat

 

Il faut modifier radicalement notre façon de parler des animaux et reconnaître l'évidence de la condition animale, ne plus penser uniquement par rapport à l'être humain ou par rapport à la nature. Pour cela, l'auteur propose un parcours critique à travers les philosophies qui ont pensé l'animal. Florence Burgat montre comment l'existentialisme (Sartre et Levinas notamment), plus encore peut-être que la philosophie classique, a liquidé et interdit la question de l'animal. Elle explicite ces positions en développant le thème de l'organisme, non plus en tant que machine mais organisation, et démontre que le sens biologique est autre chose que l'ensemble des parties d'un animal, et qu'il fonde cette conscience animale dans l'angoisse dont les animaux sont atteints. Elle questionne la condition animale, et s'interroge sur la subjectivité des animaux, mettant en évidence leur pensée, leur résistance, avant d'attaquer les traitements inhumains et indifférents qui leur sont souvent réservés, dont elle dénonce l'idéologie sous-jacente. Enfin, avec l'évidence de la pratique de l'art chez les animaux, l'auteur propose une réflexion sur le symbolique et sur la capacité à symboliser, montrant, pour conclure, que les animaux sont " sujets d'une vie ". Une invitation à dépasser le cadre de la compassion pour fonder notre changement d'attitude sur la base d'une phénoménologie de l'existence animale, ce qui a des conséquences également sur notre façon d'appréhender la vie humaine.

 

Philosophe, directrice de recherche à l'INRA, Florence Burgat est l'auteur de plusieurs ouvrages fondamentaux sur la question animale dont, "Animal mon prochain" (Odile Jacob, 1997), couronné par le prix Biguet de l'Académie française en 1997, et "Liberté et inquiétude de la vie animale" (Kimé, 2006), dans lequel elle restitue l'expérience et la subjectivité des animaux.

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (4 janvier 2012)
  • Collection : Bibliothèque Idées
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226208992

 

 

 

Extraits diffusés par L214:

 

 

Ces extraits ne sont pas un résumé du livre. Ils ne donnent pas non plus un aperçu exact du style de cet ouvrage, parfois ardu pour les non philosophes, notamment parce qu’ils ne permettent pas de montrer la large place faite par Florence Burgat aux pensées de plusieurs auteurs.

La résistance que les animaux opposent à leur saisie appartient pleinement à la lutte pour la reconnaissance du droit le plus fondamental : le droit à poursuivre sa vie. L’animal qui résiste à la prise manifeste son désir de vivre, de ne pas être capturé, tourmenté, blessé, enfermé, attaché ou tué. Tout être qui lutte, par les moyens qui sont les siens, exprime de fait la volonté de se voir reconnaître un droit à vivre. Ce vouloir-vivre spontané n’a pas besoin d’une argumentation théorique pour exister […] (p. 25)

L’opposition entre vie et existence est un lieu commun philosophique qui doit beaucoup à l’existentialisme : vivre, simplement vivre, ce n’est pas encore, et même pas du tout, exister. Manuels de philosophie des classes terminales, volumes didactiques de « notions de philosophie », dictionnaires s’en font l’écho. Ce lieu commun est l’obstacle à surmonter pour penser la vie autrement que sur le mode dégradé auquel sa comparaison avec l’existence le condamne. (p. 29)

L’auto-constitution du vivant désigne la capacité qui est la sienne de se distinguer lui-même d’un environnement avec lequel il entretient cependant des relations. (p. 98)

Ainsi, parmi les éléments qui creusent l’écart entre le mode de vie des plantes et celui des animaux, le mouvement spontané occupe-t-il une place centrale. […] L’autonomie et la spontanéité du mouvement propres à la vie animale semblent bien inaugurer quelque chose d’inouï dans la donne de la vie. (p. 99).

Qu’avons-nous donc peur de perdre en posant la question du sens dans le monde animal ?
Le fait pour un vivant de partir en quête d’une chose non encore à portée de main, de rendre en quelque manière présent ce qui est absent, n’est-il pas la marque du désir ? La distance qui sépare le désir de l’atteinte du but rend la différence entre la plante et l’animal manifeste. […] La chose n’est pas donnée à l’animal, il lui faut affronter le monde pour l’obtenir. Pour persister dans la traversée toujours périlleuse du monde vers quelque objet, « le désir est requis », si celui-ci a pour condition essentielle « la satisfaction non encore à portée de main » et si « la satisfaction différée est en retour ce que le désir rend possible ». (p. 108)

Aux côtés des concepts et arguments propres à la philosophie morale américaine, ceux forgés par la phénoménologie fournissent un puissant levier pour contrer les motifs réductionnistes qui sous-tendent et justifient implicitement l’emprise sur les animaux. Peut-on en effet, insistons-y, leur octroyer un monde, une vie de conscience, un rapport au symbolique, une vie de relation, une voix, une existence inquiète et un sentiment de malheur sans que jamais cela soit pris en considération quant aux implications morales et politiques ? (p. 115)

Merleau-Ponty définit le comportement comme le pouvoir général de répondre à des situations par des réactions variées dont le seul point commun est d’avoir un sens. Il se démarque ainsi du schéma stimulus-réaction prévalant dans le contexte de l’hégémonie du réflexe, au profit de celui instauré par la Gestalttheorie (« Théorie de la Forme »), de situation-structure. (p. 167)

Le monde ambiant de la vie, les choses du monde – monde de l’action, monde des choses qui valent pour moi – ne sont-ils donnés qu’à l’homme ? N’y a-t-il que lui pour constituer les objets ? Ce monde-de-la-vie, cette certitude d’une existence continue au sein d’un ensemble ordonné et signifiant pour moi ne le sont-ils que pour la subjectivité humaine ? « Vivre, c’est continuellement vivre-dans-la-certitude-du-monde. » Les animaux vivent en ce sens, ils vivent dans cette certitude non réflexive qu’il y a le monde. Telle est l’une des thèses majeures de Husserl. (p. 249)

[…] On peut évoquer la croyance partagée par le plus grand nombre selon laquelle l’abattage ne pose pas de problème moral parce que les animaux ne réfléchissent pas. Ce qui veut dire ceci : parce qu’ils se représentent pas la situation comme « nous » le ferions en pareille circonstance, il ne savent pas ce qui leur arrive (comme s’il n’y avait qu’une seule espèce de savoir : l’expérience réfléchie en troisième personne), ce qui aboutit à l’étrange conclusion qu’ils n’ont donc aucune expérience ni sensation de ce qui leur arrive, il ne leur arrive rien, il se passe au plus intime d’eux quelque chose à quoi ils demeurent étrangers. L’erreur tient dans l’assimilation du vécu à sa représentation, et cette erreur se trouve consolidée sur un autre plan par la substitution d’une destination (les professionnels de l’élevage ne parlent-ils pas de « viande sur pied » ?) à tout autre qualité, réalité ou possibilité. […] Ces lieux communs, le plus souvent ignorants de la tradition philosophique dont ils proviennent nous intéressent en tant que tels : l’équivalence entre la chose vécue et son concept, au point que la chose vécue sans son concept n’est même plus vécue, a profondément pénétré les esprits. (p. 345-346)

Nous marchons sur une croûte nette mais sous laquelle la putréfaction grouille. L’important est que nous n’en ayons pas la sensation – condition de la bonne marche du processus. Il y a bien ces camions chargés d’animaux que l’on croise parfois sur la route, mais où vont-ils ? Y a-t-il derrière les barreaux où l’on distingue leurs têtes des animaux malades, assoiffés, piétinés ? On ne sait pas. Le citadin a l’œil habitué aux livraisons du mort : les portes s’ouvrent sur des carcasses suspendues et proprement décapitées, qui seront donc découpées par « le savoir-faire de mon boucher » ; celui-là opère l’indispensable transition vers la convivialité. Certes, il a dû falloir tuer, mais ce savoir est vague, parce que le fait que les animaux veulent vivre leur vie n’a aucune consistance dans notre esprit ; partant leur mort n’a guère de réalité. (p. 371)

http://www.l214.com/

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24 décembre 2011

Anthologie d'éthique animale : Apologies des bêtes

de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

 

La conduite des hommes à l'égard des animaux fait depuis toujours l'objet d'une évaluation morale par ceux d'entre nous que la souffrance indigne. La philosophie officielle en Occident, qui justifie l'exploitation des bêtes pour manger, travailler, expérimenter, nous divertir et nous tenir compagnie, fait depuis toujours l'objet d'une contestation puissante par ceux d'entre nous que l'injustice révolte. L'éthique animale est l'étude de la responsabilité morale des hommes à l'égard des animaux et cette anthologie est son histoire.
Une contre-histoire des animaux, dans laquelle Pythagore, Vinci, Cyrano de Bergerac, Rousseau, Voltaire, Sade, Schopenhauer, Lamartine, Darwin, Wagner, Hugo, Tolstoï, Zola, Gandhi, Russell, Colette, Claudel, Yourcenar, Singer, Levi-Strauss, Derrida, Houellebecq, Onfray et beaucoup d'autres prennent position sur les droits des animaux, les devoirs de l'homme à leur égard, le végétarisme, la chasse, l'expérimentation, la corrida, les zoos et d'autres questions théoriques et pratiques.
Avec 180 auteurs, plus de 40 traductions et plusieurs textes inédits, ce livre de référence est la première et la seule anthologie francophone sur le statut moral des animaux.

 

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, est maître de conférences en relations internationales au département de War Studies du King's College de Londres. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont Éthique animale (PUF, 2008, préface de Peter Singer), Textes clés de philosophie animale (Vrin, 2010) et L'éthique animale (« Que sais-je ? », 2011).

  • Broché:392 pages
  • Editeur : Presses Universitaires de France - PUF; Édition :1 (7 septembre 2011)
  • Langue :Français
  • ISBN-10: 2130581390

 

Table des matières

DE L'ANTIQUITE AUX TEMPS MODERNES
Pyhtagore, in Ovide, Métamorphoses (Vie siècle av JC)
Empédocle, fragments (Ve siècle av JC)
Théophraste, Sur la piété (IIIe siècle av JC)
DE 1800 A 1945
Le Prix de Morale de l'Institut National de France (1802)
Joseph-Louis Grandchamp, Essai philosophique : Jusqu'à quel point les traitements barbares exercés sur les animaux, intéressent-ils la morale publique ; et conviendrait-il de faire des lois à cet égard ? (1804)
Percy Bysshe Shelley, A Vindication of Natural Diet (1813) PERIODE CONTEMPORAINE
Theodor W Adorno et Max Horkheimer, Dialektik der Aufklärung (1944), Minima Moralia : Reflexionen aus dem beschädigten Leben (1951) et Beethoven, Philosophie der Musik, Fragmente und Texte (1993)
Paul Claudel, Bestiaire spirituel (1949)
Sidonie Gabrielle Colette, En pays connu (1949)

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22 octobre 2011

Guide de nutrition - l'équilibre alimentaire par le végétarisme

de Raphaël Titina

 

 

La nutrition est un élément clé dans la quête de notre bien-être et de notre santé. C'est en offrant une nourriture de qualité à notre corps que nous pouvons appliquer la sentence hippocratique : " Que ton aliment soit ta première
médecine ". Or, les hypermarchés nous incitent aujourd'hui à acheter un grand nombre de produits qui ne tiennent pas compte de nos besoins physiologiques réels et provoquent beaucoup de pathologies d'origine nutritionnelle : allergies, obésité, arthrose, athérosclérose, cancer...

 Face à cette situation sanitaire alarmante, bien des controverses opposent les partisans des différentes écoles diététiques. Le Guide de nutrition, de Raphaël Titina, a vocation pédagogique et vous aidera à y voir clair parmi les approches alimentaires contradictoires, privilégiant une alimentation végétarienne fondée sur les préceptes de la science indienne de l'Ayurveda. Docteur en pharmacie devenu expert en nutrition, l'auteur restitue page après page ses convictions de végétarien qu'il développe régulièrement dans ses conférences et ses ateliers de cuisine. Cette pertinente association de la diététique occidentale et de la médecine ayurvédique donne au contenu de ce livre une valeur inédite au sujet du végétarisme, une référence. Nul doute que vous trouverez dans cette lecture les aliments qui vous conviennent, appropriés à votre tempérament personnel, propres à stimuler votre vitalité et à régénérer votre capital santé.

 

 

Raphaël Titina est docteur en pharmacie et expert en nutrition. Après sa formation à la faculté de Pharmacie de Paris-Sud, il se spécialise dans le domaine de l'éducation sanitaire auprès de l'UER de Nutrition et Diététique. Sa
rencontre avec les membres du Collège de Phyto-aromathérapie fondé par le Docteur Valnet va influencer fortement ses recherches. Il est actuellement formateur et conseiller pour un réseau de magasins bio.

  • Broché: 376 pages
  • Editeur : Editions Dangles (14 avril 2011)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2703308841

 

 

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23 juillet 2011

L'homme, une espèce potentiellement nuisible

 L'espèce humaine est nuisible lorsqu'elle détruit la nature. Cette nature qu'elle méprise ou qu'elle admire, elle en fait pourtant partie. Sans elle nous ne serions pas là... Le respect du vivant prend sa source ici. La non-violence est une quête quotidienne envers nos semblables et les animaux non humains. Seuls les végétaux doivent être utilisé pour nous nourrir. 

Damien Préault - 23.07.2011





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19 juillet 2011

Manger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé

Autrefois l'apanage des pays riches, la consommation de viande ne cesse d'augmenter dans le monde. L'élévation du niveau de vie dans les pays en voie de développement amplifie les effets déjà catastrophiques, mais peu évoqués, d'une surconsommation de viande non soutenable et inutile.

En moyenne, un être humain consomme 100 g de viande par jour. Dans les pays développés, la consommation est supérieure à 200 g par jour alors que dans les pays en développement elle est de 47 g, avec de fortes disparités régionales.

En moyenne, un Français mange 96,5 kg de viande par an(1), soit plus de 260 g par jour : l'équivalent de 6 tranches de jambon ! Cela représente l'abattage de 1,1 milliard d'animaux par an, rien qu'en France...

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http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php

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28 juin 2011

L'inconsistante Apologie du carnivore de Dominique Lestel

par Pierre Sigler

Depuis 15 ans, Dominique Lestel critique le discours philosophique traditionnel sur les animaux et pourfend l'idée qu'il y aurait « un propre de l'homme », idée qu'il qualifie de « toxique ». Il a ainsi étudié le vécu subjectif des animaux, la singularité psychologique de chaque individu. Pour Lestel, les animaux ont une vie mentale riche et les humains sont des animaux parmi les autres.
Bien souvent, adhérer à ces thèses n'empêche pas les éthologues ou les philosophes de manger de la viande. Mais ils le font généralement avec une mauvaise conscience plus ou moins prononcée. Lestel, au contraire, est fier de manger de la viande. Il va jusqu'à consacrer un pamphlet, paru en avril 2011, à « l'apologie du carnivore » et à la critique sévère des végétariens éthiques, ceux qui pensent que la consommation de viande est illégitime. Voilà qui semble bien difficile sans avoir recours à des arguments spécistes ou à des théories éthologiques surannées. Comment Lestel va-t-il s'y prendre ?

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http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article409

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24 mai 2011

Hommes et bêtes, même combat!

Lutter pour le bonheur des hommes n’implique pas de laisser torturer les bêtes, et enchaîner un veau dans l’obscurité na jamais rendu la liberté à un prisonnier politique. Le combat pour les animaux n’est pas dissociable du combat pour les hommes […]

Si la question animale n’est pas posée maintenant par ceux qui pensent librement, c’est-à-dire sans conformisme intellectuel, sans intérêt économique, et sans crainte du ricanement par qui le sera-t-elle jamais ? Pour autant, aussi longtemps qu’elle restera l’affaire des philosophes et des mémères à chats, l’essentiel manquera pour que s’accomplisse enfin dans les mentalités ce qu’on aimerait entendre par « humanité » dans tous les sens du terme.

 

Armand Farrachi, Les Ennemis de la Terre, p. 35-36, 1999 © Exils

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03 mai 2011

La Forêt des 29

de Irène Frain

Inde du Nord, 1485. A la lisière du désert, les rajahs rivalisent de palais mirifiques. Pour les ériger, ils doivent alimenter les fours à chaux et abattent les arbres par milliers. Or, comme les Vieux l'avaient prédit, une sécheresse effroyable se met à ravager la région. Au coeur de la catastrophe, un humble paysan se dresse : Djambo, jeune homme rejeté par les siens, a rejoint le peuple des pauvres. Dans sa longue errance, il a tout vécu, la faim, les deuils, la route, les mirages destructeurs de l'orgueil et de la richesse, la douleur de l'amour trahi. Mais il a surtout appris à connaître la Nature. Le premier, il comprend que la sécheresse n'est pas une vengeance des dieux, mais celle de la nature maltraitée. Avec quelques hommes et femmes de bon sens, il fonde une communauté qui permet la survie de tous grâce à l'application de 29 principes simples. La vénération des arbres est le pilier de cette communauté, dont les adeptes ont pris le nom de « 29 » en hindi : les Bishnoïs.
La démarche de Djambo frappe les esprits et son efficacité fait école. Dès 1500, l'Inde du Nord compte des centaines de villages de « 29 ». Gestion rationnelle de l'eau, respect des femmes, protection des animaux sauvages, compassion envers tous les vivants, égalité des castes : les principes des Bishnoïs séduisent les hommes les plus divers. Les politiques les respectent et ils vivent en paix. Mais en 1730, le maharadjah de Jodhpur est pris à son tour de folie bâtisseuse. Venant à manquer de bois, il expédie son armée dans une forêt qui appartient à une femme Bishnoï, Amrita. « Plutôt mourir ! » déclare-t-elle aux soldats en s'enlaçant à un arbre. Elle est décapitée. Ses filles l'imitent et sont massacrées. D'autres Bishnoïs prennent la suite, eux-mêmes trucidés. Ce massacre semble ne jamais devoir finir. Mais à la 363e victime, le chef de l'armée, écoeuré, renonce. Et le maharadjah, troublé, décide de protéger à jamais les « 29 », leurs animaux et leurs forêts. Sur fond de steppes arides et de palais princiers, c'est cette épopée historique méconnue que ressuscite Irène Frain, après une enquête au Rajasthan sur les pas du légendaire Djambo, puis chez les Bishnoïs eux-mêmes, qui font actuellement figure de pionniers de l'écologie moderne, et donnent à ce roman flamboyant des allures de conte initiatique.

  • Broché: 368 pages
  • Editeur :Michel Lafon (12 février 2011)
  • Langue :Français
  • ISBN-10: 2749913608

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