En s’éloignant de la nature, l’homme n’a pas seulement perdu la connaissance des plantes, il a perdu le respect. C’est un drame ! Nous vivons actuellement dans un monde où le sacré n’a plus de place. Il ne s’agit pas d’une notion abstraite, ésotérique ou religieuse, mais d’une logique de la vie sur terre basée sur cette constatation fondamentale : toute action entraîne des conséquences. Cela semble évident mais nous l’oublions trop souvent. La nature est digne d’un respect absolu. Pour une raison très simple : la détruire c’est se détruire soi-même. Ce qui est fort ennuyeux ! Que nous le percevions ou non, l’« autre », quel qu’il soit, humain ou non, est notre complément. Il a donc autant de valeur que nous-mêmes. Son existence est sacrée. J’ai mis longtemps à l’apprendre, mais la vie m’a démontré la validité de cette loi naturelle dans le concret du quotidien. Agir sans respect entraîne plus ou moins rapidement des désagréments qui peuvent à aller jusqu’à la maladie et à la mort. Ce qui empêche la prise de conscience de cette relation de cause à effet est le temps qui s’écoule entre l’un et l’autre. Et notre indulgence envers nous-mêmes, car je suis persuadé que, dans le fond, chacun sait ce qu’il en est. Mais nous sommes tout aussi loin de nous-mêmes que nous le sommes de la nature.

François Couplan, La nature nous sauvera, p. 24, 2008 © Albin Michel