de Jocelyne Porcher

  • Relié: 255 pages
  • Editeur : Quae éditions (8 juillet 2010)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2759206386
  • Les femmes viennent d'une planète, nous dit-on, et les hommes d'une autre. Mais d'où viennent les cochons ? Bien loin de l'image idyllique de la petite ferme joyeuse des livres d'enfants, les cochons sortent par million de l'industrie porcine. Dans de nombreux pays, dont la France et le Québec, cette industrie internationale, qui gère l'essentiel du cheptel mondial d'un milliard de cochons, a accru la productivité du travail des hommes et des animaux de façon remarquable. En 1970, une truie sevrait seize porcelets par an. Elle en sèvre vingt-neuf aujourd'hui. Une unité de production de 1 000 truies et leurs 16 000 porcs peut être conduite par moins de huit personnes. La recherche de la performance a toutefois conduit à des transformations radicales du contenu du travail et de son sens. Il s'agit de produire " à tout prix et à n'importe quel prix ", mais pour qui et pour quoi ? Qu'est-ce que cela veut dire, travailler en production porcine industrielle aujourd'hui, pour les éleveurs, les salariés et les cochons ? De quoi est fait le travail ? De quoi n'est-il pas fait ?

    Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l'Inra (département Sciences pour l'Action et le Développement). Ses travaux portent sur la relation de travail entre les humains et les animaux en élevage. Elle a été éleveur, salariée en production porcine et technicienne agricole en bio avant de s'orienter vers la recherche scientifique.

    Sommaire

    Introduction

    La production porcine, une industrie internationale

    État des lieux en France (Bretagne) et au Canada (Québec)
    La filière porcine industrielle en France
    La filière porcine industrielle au Québec
    Situation comparée de l'emploi en production porcine en Bretagne et au Québec

    Le recrutement de salariés : une limite au développement de la filière industrielle

    Travailler en production porcine industrielle

    S'engager dans le travail
    La passion du métier
    Engager son corps
    Accepter un rapport de pouvoir envers les animaux
    Environnement et « bien-être animal »

    Se défendre contre la souffrance
    L'habitude
    Archaïsme et modernité
    Adhérer au système de production industriel

    Souffrir au travail
    Faudrait pas que maman me voit faire ça !
    Premiers contacts
    Des fissures dans le blindage
    Les risques du métier
    La « mauvaise image » de la production et des salariés
    Une usure visible
    Un étrange corps à corps avec les animaux
    Faire face à la maladie
    Faire face à la mort des animaux
    L'euthanasie
    Délégation de la « boucherie »
    L'équarrissage

    Le travail des femmes en porcheries : une lutte pour la reconnaissance
    Maternités
    Virilités
    Tuer, une habitude difficile à prendre
    Le prix du lien

    Changer de métier

    Violences symboliques et distorsions communicationnelles

    La zootechnie, un outil de transformation des représentations
    La zootechnie, « science de l'exploitation des machines animales»
    Le statut de l'animal
    Le problème zootechnique
    Prédilection et sollicitude

    Formations à la production porcine : représentations et réalités
    Le déficit de stagiaires : un problème d'image ?
    Un travail « physique » mais pas pénible
    Un système dominant
    Valeurs viriles et relation aux animaux
    Formations à la production porcine au Québec

    Communication de filière
    La communication interne : un "nous" obligatoire en lieu et place du "je"
    La communication externe

    Conclusion

    L'industrialisation de l'élevage, un processus de perte

    Méthodologie des enquêtes

    Bretagne
    Enquêtes de psychodynamique du travail
    Enquêtes auprès de femmes salariées
    Enquêtes « Emploi »

    Enquêtes de psychodynamique du travail au Québec

    Références citées