La consommation de viande est-elle encore aujourd’hui, une nécessité ? Et, plus encore, le modèle de l’alimentation carnée, propre à nos sociétés occidentales, est-il extensible, du point de vue écologique, à l’humanité entière ?

Les premiers hommes, furent certainement poussés à manger de la viande par nécessité en raison de la rareté des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine. L’homme « moderne » dispose aujourd’hui d’un arsenal de techniques et de denrée céréalières (pour certaines riches en protéines) qui lui permettraient, sinon de ne plus manger de viande du tout, au moins d’en diminuer largement sa consommation. Nous ne pouvons donc pas dire, d’un point de vue anthropologique et philosophique, que l’alimentation carnée est une nécessité naturelle pour l’homme.

D’autre part, on ne peut pas non plus affirmer, comme le font certains, que la suppression de l’élevage industriel […] créerait une famine mondiale. Tout d’abord en raison de l’immense gaspillage qu’entraîne notre mode de production et d’alimentation industriel actuel. […]

D’autre part, d’un point de vue cette fois écologique et non plus éthique, la diminution de consommation de viande permettrait de nourrir la partie de la planète qui meurt aujourd’hui de faim : 70% des terres agricoles sont en effet consacrées à la culture de céréales destinées à nourrir les bêtes que les pays riches vont consommer. Imaginons tout simplement que ces terres servent à nourrir les hommes… Qu’en penseraient les « humanistes » ?

 

Anne Frémaux, La nécessité d’une écologie radicale – la pensée à l’épreuve des problèmes environnementaux, pp.157-158, 2011 © Sang de la Terre